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Posts Tagged ‘photographie’

Londres rend un hommage exceptionnel au surréaliste Man Ray

Thursday, May 2nd, 2013

 

La National Portrait Gallery n’a pas lésiné sur les portraits. Plus de 150 images retracent la carrière exceptionnelle du surréaliste Man Ray. Un vrai régal photographique et une révélation… romantique.

 

“Se servir de son appareil photo comme d’un pinceau, c’était sa prouesse, un simple instrument au service de son esprit”, écrit Marcel Duchamp à propos de son ami Man Ray. De son vrai nom Emmanuel Radnitzky, ce surréaliste américain d’origine russe a révolutionné le monde de la photographie et du portrait pendant plus d’un demi-siècle.

 

De Paris à New York en passant par Londres, Los Angeles et de nouveau Paris, l’exposition des portraits de Man Ray offre au regard fasciné du visiteur 150 images de visages dont les noms légendaires retracent à eux-mêmes une bonne partie de l’histoire de l’art du vingtième siècle. Bien sûr on y redécouvre des œuvres dont on ne se lasse jamais comme le Violon D’Ingres sur le dos de Kiki de Montparnasse, les solarisations de Lee Miller et on s’extase devant des portraits moins connus : une Ava Gardner belle et sachant exactement ce qu’elle veut, un Ernest Hemingway pas commode et plutôt joufflu, une Catherine Deneuve définitivement “belle de jour”…

 

Man Ray Portaits révèle d’abord des visages sur des noms : particulièrement des artistes de l’entre-deux guerres dont on connaît les noms mais rarement les visages. C’est une première surprise car, bien sûr, on ne peut pas s’empêcher de penser : “Je ne m’attendais pas à cette tête-là…”

 

Et puis la deuxième surprise prend le dessus, en entrant dans les détails des portraits eux-mêmes. Oui, Man Ray était un surréaliste mais il ne voyait pas ses sujets comme des objets manipulables artistiquement. Il n’était pas intrusif non plus. Il essayait de capturer l’individualité de chacun de ses sujets, leur personnalité, leur sensibilité : Virginia Woolf, la main droite levée dans une pause qui combine intelligence et délicatesse, ou encore Aldous Huxley qui s’arrange pour garder son côté sombre dans l’ombre du portrait.

 

Man Ray touche et confirme à travers cette fascinante rétrospective ses talents de portraitiste, de surréaliste et surtout de photographe. On y découvre aussi la démarche d’un grand romantique.

 

Jusqu’au 27 mai : http://www.npg.org.uk//whatson/man-ray-portraits/exhibition.php

 

 

Catherine Deneuve

Aldous Huxley

Kiki de Montparnasse

Lee Miller

La vie à travers l’objectif épique de Thomas Struth

Wednesday, September 14th, 2011

Jusqu’au 16 septembre, la Whitechapel Gallery offre une rétrospective majeure de l’oeuvre du photographe allemand Thomas Struth. La curiosité perpétuelle de l’artiste entraîne le visiteur dans un voyage photographique grandiose où l’infiniment petit devient infiniment grand…

Une fois la porte de la Whitechapel Gallery franchie, ce sont des badauds qui vous attendent. Des badauds figés sur les immenses tirages de Thomas Struth, figés en pleine admiration des lieux, qu’ils soient au coeur du Panthéon à Rome ou au Yosemite Park aux Etats-Unis. Le photographe a su les prendre au dépourvu et, à travers leurs regards, ajouter une nouvelle dimension à la majesté et la beauté de lieux.

Au coeur des matières

Ce sont ensuite des gros plans de cables de toutes les couleurs et d’intérieur de laboratoires qui captent l’oeil. Comme si Thomas Struth voulait nous entraîner au coeur des structures de la matière, de sa création, de sa transformation et de son évolution : l’image géante de la réparation d’une navette spaciale à Cape Carnaveral en dit long sur l’archarnement de l’homme à construire, conquérir et toujours vouloir aller plus loin.

Des molécules à la famille

Puis l’odyssée photographique de l’artiste continue dans une salle remplie de portraits. Regarder droit dans l’object, telle est l’unique règle imposée par le photographe à ces familles des quatre coins du monde, qui ont choisi elles-mêmes le lieu de la prise de vue. C’est enveloppé d’une belle sensation d’humanité que l’on quitte la salle des portraits pour une virée au Paradis.

Des images de jungles surchargées de végétation, un univers sombre, humide et peu engageant qui ne laisse aucune place à l’humain. Voici la réprésentation étrange que Thomas Struth a du paradis, une représentation en contraste avec les paysages en noir et blanc, gris et urbains, sans âme qui vive, qu’il photographiait au début de sa carrière. On sent un photographe hanté par une perpétuelle curiosité qui, on l’espère, n’a pas fini d’explorer et de surprendre.

EB

 

Thomas Struth à la Whitechapel Gallery jusqu’au 16 septembre : http://www.whitechapelgallery.org/exhibitions/thomas-struth-photographs-1978-2010