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Floriography : le langage des fleurs dans l’Angleterre victorienne

Depuis le 20 mars, c’est le printemps, saison tant attendue des fleurs et des petits oiseaux. Merci pour le scoop ! Voici cependant un sujet de saison qui devrait vous surprendre… 

Soit, le langage des fleurs vous dit vaguement quelque chose mais vous n’imaginez pas à quel point il était important dans l’Angleterre victorienne (1837-1901), autant que d’être bien habillé, va-t-on jusqu’à dire ! Les bouquets que l’on offrait étaient en fait des messages secrets que l’on ne pouvait pas faire passer autrement, en raison de l’apparente rigueur morale de l’époque. 

Les fleurs n’étaient pas porteuses de messages que sous la forme de bouquets comme les Tussie-Mussies, présentés dans un napperon de dentelle avec un lien de satin. Tant elles étaient présentes dans la société victorienne, les fleurs s’exprimaient à la boutonnière des messieurs, dans la coiffure d’une dame, le parfum d’un mouchoir sans oublier les motifs floraux des papiers à lettres, d’un service de table…

La forme du message floral…

Les fleurs avaient toutes une symbolique particulière mais rien que leur présentation donnait une orientation importante au message qu’elles délivraient. Une fleur « droite » indiquait un message positif, une fleur tombante, le contraire. La main avec laquelle la fleur était donnée et reçue avait apparemment son importance : la main droite signifiant yes et la gauche no.  D’autres gestes étaient également codifiés : porter à ses lèvres le bouquet voulait dire l’acquiescement ou laisser tomber un pétale, le refus.

Le fond du message floral…

N’allez pas pour autant imaginer que les fleurs, a priori associées aux beaux sentiments, ne leur étaient qu’expressément réservées. Le langage des fleurs étaient tellement important durant l’ère victorienne qu’il était conseillé au sein d’un couple respectable de suivre le même dictionnaire  symbolique des fleurs pour éviter les incompréhensions. Selon le dictionnaire utilisé, la jonquille pouvait signifier « amour non partagé » ou « le soleil brille avec toi » ! Et si les différentes couleurs de la rose étaient liées à divers degrés de sentiments amoureux, l’aneth révélait un désir physique ardent. Vous n’êtes pas sans savoir que la société victorienne n’était prude qu’en apparence !

 Entre gentlemen, les fleurs servaient à s’insulter sans recourir aux mots ou aux gestes. On pouvait ainsi envoyer de l’ail à un ennemi. Cette plante à l’odeur forte symbolisant la lutte contre une maladie désignait ainsi la personne concernée comme dangereuse. Et, dans des cas extrêmes, on choisissait un lis orange, pour avouer sa haine.

Entre amour et haine, comment oublier l’amitié ? Durant l’ère victorienne, on célébrait les amitiés en offrant des fleurs, par exemple des campanules, pour la gratitude…

Les nuances du langage des plantes et fleurs de l’époque victorienne sont aujourd’hui oubliées, même si l’on trouve encore sur le net et ailleurs des tableaux récapitulatifs de la symbolique des fleurs. La prochaine fois que vous serez amené à offrir un bouquet, pensez donc à étudier le langage des fleurs et à étaler votre savoir sur la « floriography » !

Crédit illustration : domaine public. Dans le langage des fleurs, le lilas violet symbolise les premières émotions de l’amour.

F.A

Sources : Wikipédia, h2g2.com, victorianbazaar.com

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