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Archive for May, 2012

Nanny : un super métier au royaume de Grande-Bretagne ?

Thursday, May 31st, 2012

NI « Super Nanny », ni « Mary Poppins », une nanny est une jeune fille de bonne famille qui lie avec la famille qui l’emploie en qualité de nounou une relation de confiance pour de longues années. La coutume veut qu’une nanny choisisse comme enfants d’honneur à son mariage ses anciens protégés et demeure par la suite une proche de la famille ! Bien que traditionnel, le métier de nanny n’aurait rien de vieillot.
Nanny, un métier d’avenir…
En Grande-Bretagne, où les crèches sont rares et les écoles maternelles inexistantes, les parents sont obligés de trouver un mode de garde durable, si la mère n’est pas au foyer. D’où l’utilité des nannies dont la demande a explosé au cours de la décennie passée chez les familles issues de l’upper middle class (couche supérieure des classes moyennes). Car offrir a ses enfants les compétences d’une professionnelle de la petite enfance coûte cher !
 Les nannies d’aujourd’hui sont donc très bien payées -entre 600 et 1000 euros par semaine, dit-on- et bénéficient d’avantages en nature comme le logement, le prêt d’une belle voiture, des déplacements internationaux pour suivre la famille.
Les jeunes nannies se sont souvent formées pendant deux ans après leur bac au Norland College de Londres, la plus célèbre des écoles de nannies, à l’emblématique uniforme, robe beige et chapeau marron. Les voies pour accéder au métier de nanny sont multiples : on peut aussi bien justifier d’une formation d’infirmière et d’expérience professionnelle au contact des enfants. C’est ensuite au tour d’agence de recrutement spécialisées de faire leur choix dans les candidatures et le lien entre la famille et la nanny.
Nanny, une profession en constante évolution…
En plus du prestige et du salaire confortable, malgré la disponibilité, la patience et l’expertise en puériculture que son métier exige, une nanny peut, comme par le passé, espérer une carrière internationale. De riches familles françaises, russes ou saoudiennes sont prêtes à payer le prix fort pour que leurs enfants bénéficient d’une excellente éducation et d’un accès au bilinguisme.
Il faut aussi souligner que le métier est doucement en train de se masculiniser, avec 5% de nannies hommes appelés « mannies ».
Quant à la relation fusionnelle nanny-famille, elle évoluerait vers une prise de distances, crise oblige : pour des questions de praticité et de finances, les employeurs seraient parfois amenés à se partager la même nanny, cumulant donc les temps partiels. Cette dernière aurait profité de ces dernières années pour se débarrasser de son uniforme, peu pratique pour courir d’une activité à l’autre avec les enfants dont elle a la charge. Les nounous du deuxième millénaires seraient plutôt reconnaissables à leurs vêtements confortables et siglés !
F.A
Source : Figaro Magazine, site du Norland College de Londres

Vidéo : Le Norland Nursery Training College, 1980.

 

Shoreditch House Literary Salon (Londres) : le salon chic et gratuit où l’on cause littérature…

Tuesday, May 29th, 2012

Depuis 2008, le Shoreditch Literary Salon (Londres) invite les amoureux de littérature à la rencontre des plus grands auteurs. C’est là qu’Helen Fielding avait offert à la lecture les premières pages du deuxième volume de sa saga Bridget Jones, c’est aussi là qu’est passé, l’Américain Bret Easton Ellis, souvent adapté au cinéma ou encore Diana Athill, grand nom du monde éditorial britannique, elle-même auteure…

Tout ce beau monde est accueilli et donc interviewé par Damian Barr alias le salonniere, lui-même journaliste au Times, auteur de pièces de théâtre sur BBC4 et créateur-animateur du Reading Weekend (mettre lien).

Si vous craignez de ne pas être assez riche ou  influent dans le monde littéraire pour entrer dans ce salon, laissez vos complexes à la porte ! L’entrée est gratuite et pour tous : il faut cependant penser à arriver tôt car les membres du club privé de la Shoreditch House sont prioritaires. En revanche, une fois arrivés à bon port, vous pourrez vous régaler on the house* de pizzas et  vodka en plus des délices littéraires qui vous attendent…

F.A

*on the house : aux frais de la maison

Shoreditch House East London (attention, ce lieu est un club privé, pour avoir les infos concernant le club littéraire, consultez la page Facebook du Shoreditch Literary Salon.)

Shoreditch House East London                                                                                                                  

Ebor Street, Shoreditch
London, E1 6AW, UK
                                                                                                                                        

Tel :  +44 (0)20 7739 5040                                                                                       www.shoreditchhouse.com

La magie Harry Potter à une demi-heure de Londres

Friday, May 25th, 2012

A 30 minutes de la gare de Euston, le monde magique de Harry Potter est, en un coup de baguette magique, à la portée de tout un chacun. Fan ou pas, on se régale en découvrant les studios de la Warner où les 8 films du jeune magicien furent tournés. Petit tour – de magie - !

 

L’entrée des studios ne paye pas vraiment de mine. Ces grands hangars, qui autrefois abritaient les avions de l’aérodrome de Leavesden, câchent-ils réellement l’univers fantastique de Hogwarts ? Franchissez l’entrée et vous verrez que oui, c’est bien là, sans aucun doute, que les 8 adaptations des bestsellers de J K Rawlings furent tournés.

 

Naviguer dans les décors

 

La moto de Hagrid, le balai de Harry, la cape de Hermione sont aussi chouettes en vrai que sur pellicule. De la fameuse salle à manger à Diagon Alley entièrement reconstituée en passant par un hangar dédié aux effets spéciaux, on navigue d’un décor et d’un univers à un autre en en faisant presque partie. Le personnel est adorable et … incollable. Pour le bonheur de tous, leur passion pour Harry Potter fut sans doute le premier critère de leur sélection.

 

Un petit tour de balai

 

Une petite pause à l’extérieur pour se rafraîchir vous permettra de découvrir la Butterbeer. Mais rassurez-vous : le secret de sa recette ne sera pas dévoilé. On est au pays des mystères ! Et puisque vous êtes sur un tournage, à vous de jouer aussi et de faire, vêtu d’une cape prêtée pour l’occasion, un petit tour de balai (mécanique, fixé au sol) au-dessus d’un Londres ou d’une Ecosse virtuels, cheveux au vent. Vos exploits seront bien sûr immortalisés sur une photo souvenir à £12.

 

Enfin, on quitte les studios, en découvrant la cerise sur le gâteau : le château de Hogwarts, utilisé pour tous les films. Construit par plus de 80 artistes et membres de l’équipe technique, il mesure une quinzaine de mètres de haut et dispose de plus de 2500 lumières en fibre optique pour faire croire à des étudiants et à des torches en mouvement à travers les ailes du château… C’est un nouveau tour de magie qui vous fait terminer la visite en beauté.

 

http://www.wbstudiotour.co.uk/

 

EB

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Reading Weekend : week-end détente et lecture en Ecosse

Tuesday, May 22nd, 2012

Si l’Angleterre possède East Anglia, une des meilleures universités au monde à former les futurs écrivains, l’Ecosse peut se vanter d’accueillir un week-end à vocation littéraire, inscrit au Top 100 des meilleures destinations de Time Out. Ce Reading Weekend (week-end lecture), qui  a lieu à Turnberry sur la côté ouest écossaise, non loin de Glasgow, n’est pas spécialement pour les auteurs, mais pour tout lecteur curieux et passionné.

Le concept du Reading Weekend, est né de l’imagination de Damian Barr, journaliste au Times et animateur des salons littéraires de Shoreditch House dans l’est londonien. Ces week-ends sont organisés en partenariat avec la School of Life, boutique-école londonienne qui conseille et vend des livres en fonction des problématiques de ses lecteurs insomniaques, amoureux ou stressés entre autres, à la recherche d’infos pour aller mieux.

Pour vous donner un avant-goût du programme du Reading Weekend au très cosy Turnberry Resort, sachez qu’en plus de promenades libres sur la plage de Turnberry , d’une visite de la maison natale de Robert Burns, vous profiterez de lectures et discussions avec Damian et d’entretiens avec une bibliothérapeute qui vous conseillera des livres en fonction de vos goûts et de vos besoins. Ce week-end littéraire est aussi ponctué de lectures exclusives données par des écrivains britanniques, invités du Reading Weekend. Et si cette escapade ravit votre intellect, elle n’oublie pas vos sens avec de délicieux repas et cocktails, savourés au coin d’un feu de cheminée.

NB : le Reading Weekend  accueille également les lecteurs dans le Sussex (Angleterre) et aussi dans les Caraïbes !!!

www.readingweekend.co.uk

F.A

 

 

Out of Focus, Photography à la Saatchi Gallery

Wednesday, May 16th, 2012

“Out of Focus”, voilà un titre d’expo photos qui pourrait facilement rebuter le visiteur. Faut-il s’attendre à des images volontairement floues, soigneusement ratées ? Non ! L’immense espace de la galerie Saatchi à Chelsea offre, pour sa première expo entièrement dédiée aux photos, un état des lieux hétéroclyte et perturbant de la photographie contemporaine.

Lost in photography

Le terme “Out of Focus” s’applique, pour commencer, au choix des 37 photographes - ou plutôt des “praticiens de la photo” - dont les travaux sont à des années-lumières les uns des autres. En entrant à gauche dans l’une des plus grandes salles de la Saatchi, c’est le travail de l’Américaine Katy Grannan qui saute aux yeux : des portraits “anonymes” d’hommes et de femmes marginaux, marginalisés, dont on ne n’est plus sûr ni du sexe ni de l’âge. Ils sont pris en photo, le long d’un mur blanc, sur un boulevard (c’est d’ailleurs le titre de la série). La lumière éclatante du soleil ne pardonne pas et la trop grande netteté des photos dérange.
Comment qualifier ce type de photographie ? Des portraits qui ont des allures de “street photography” mais qui n’en sont pas car ils ne sont pas pris sur le vif. Au contraire, il semble que les poses aient duré des heures. Du travail de photojournalisme sur les laissers pour compte d’une société américaine de winners ? Non plus : les cadrages et les lumières sont trop identiques, uniformes et “chiadés”. De la pub ? Vous rigolez. Qui “utiliserait” de tels modèles ? Quoi que… Benetton peut-être, du temps de son directeur artistique Olivero Toscani.

Lost in translation

Bref, vous l’aurez compris : dès la première salle, nous sommes perdus. Nos repères photographiques classiques n’existent plus. Alors, nous nous raccrochons aux branches. Ca et là, des images, des collages, des installations nous captivent et nous ressourcent : les “Dioramas” de Paris et de New York (collages méticuleux de petits bouts de photos en noir et blanc des villes, http://www.soheinishino.com/en/works/dioramamap/paris/index.html) du Japonais Sohei Nishino, les “Filmstrips” de Jennifer West dont un de plusieurs mètres de long est déroulé dans une salle (http://www.saatchi-gallery.co.uk/artists/jennifer_west.htm?section_name=photography), ou encore les collages “coupés au couteau” de John Stezaker (http://www.regentspark.fr/blog/?p=225)

Globalement, il y en a pour tous les goûts. Des choses vous plairont, d’autres vous laisseront perplexes ou vous répugneront. “Out of Focus” a des allures de grand déballage de photos, de collages et autres bidouillages et assemblages à base d’images, au fil conducteur définitivement flou.

Out of Focus, Photography, jusqu’au 22 juillet 2012 : http://www.saatchi-gallery.co.uk/
EB

Katy Grannan

Anonymous, Los Angeles, Boulevard 11

2009/ printed 2011

Archival pigment print on cotton rag paper, mounted on Plexiglas

139.7 x 104.1 cm

Image courtesy of the Saatchi Gallery, London.

© Katy Grannan, 2009

Yumiko Utsu

Octopus Portrait

2009

C-type print

55 x 44.5 cm

Image courtesy of the Saatchi Gallery, London.

© Yumiko Utsu, 2009

Adam Broomberg & Oliver Chanarin

Culture 3 Sheet 72

2010

C-type print

150 x 190 cm

Image courtesy of the Saatchi Gallery, London.

© Adam Broomberg & Oliver Chanarin, 2010

 

Alfred Hitchcock (1899-1980) : le Londres du « maître du suspense »

Tuesday, May 15th, 2012

A l’aube du Festival de Cannes 2012, un petit sujet cinéma typiquement British…”

Même s’il vécut longtemps aux Etats-Unis et acquit la nationalité américaine, le cinéaste Alfred Hitchcock demeure le plus grand nom du film britannique. Le maître du suspense, réalisateur très prolifique notamment de Rebecca (1940), Psychose (1960) ou Les oiseaux (1963) était né en 1999 à Leytonstone, est de Londres, un quartier où le tueur de prostituées Jack L’Eventreur sévissait une dizaine d’années plus tôt.

Du Londres du jeune Alfred à celui d’aujourd’hui, voici des lieux que vous ne pourrez jamais aller voir, d’autres que vous pouvez encore voir, qu’ils soient de l’époque de « Hitch » ou des constructions récentes lui rendant hommage.

Hauts lieux hitchcockiens disparus à jamais

-Maison natale d’Hitchcock (517 High Road, Leytonstone) : cette maison qui n’est pas devenue un musée comme on aurait pu l’espérer a été remplacée par une station-service… What a pity! *

-Academy Cinema (quartier Leytonstone) : le cinéma fétiche d’Hitchcock enfant était devenu le Century Cinema avant sa destruction en 1983. Too late! **

Hauts lieux hitchcockiens d’époque où vous rendre

-Old Bailey (Old Bailey Street) : il s’agit de la cour criminelle de Londres où Hitchcock enfant aimait aller écouter les procès et d’où il tira plus tard l’inspiration pour ses films. Aujourd’hui, on peut toujours venir écouter un procès, à condition d’être âgé d’au moins 14 ans. On vient écouter ce qui se passe dans cet édifice par intérêt pour le droit, pas pour le sensationnel, prévient le site officiel de Londres.

-Musée de cire Madame Tussauds (Baker Street) : Alfred enfant adorait visiter The Chamber of Horrors où il pouvait admirer les statues de cire de victimes de la Révolution française ainsi que de célèbres meurtriers et criminels. Le futur cinéaste était loin de se douter qu’il aurait un jour sa statue dans cette célèbre Chambre des Horreurs.

 

 

Hauts lieux hitchcockiens récents

-Station de métro Leytonstone (sur Central Line) : depuis 2001, dix-sept mosaïques kitschissimes à la gloire de la vie et de l’œuvre d’Alfred Hitchcock ornent la station, pour faire suite au centenaire du monsieur célébré en 1999.

-Sir Alfred Hitchcock Hotel (147 Whipps Cross Road) : cet hôtel de Leytonstone rend hommage à l’enfant du quartier et a décoré certains murs de ses portraits. Cet hôtel ne plongerait pas pour autant les fans dans une ambiance à la Psychose et recevrait des critiques de touristes mitigés…

F.A

Sources : Télérama et Wikipédia

http://www.youtube.com/watch?v=BX8pvgDS31A&feature=related

Vidéo d’Alfred Hitchcock, série de films courts à suspense Alfred Hitchcock Presents, episode : The Older Sister (1956).

*Quel dommage !

**Trop tard !


 

The Literary & Philosophical Society (Newcastle-Upon-Tyne) : une bibliothèque pour tous, même pour les fantômes !

Thursday, May 10th, 2012

Surnommée The Lit & Phil et fondée en 1793, The Literary & Philosophical Society, située à Newcastle-Upon-Tyne (nord-est de l’Angleterre) est la plus grande bibliothèque britannique hors Londres. Espace de liberté par la richesse de ses événements culturels et de son histoire, cette bibliothèque serait également hantée…

The Lit & Phil, un espace de liberté

A sa fondation en 1793, la Literary & Philosophical Society était un club de conversation payant où l’on pouvait parler de tout sauf de religion et de politique. Preuve de son esprit avant-gardiste, la Society s’ouvrit dès 1804 aux femmes. Il faut savoir que les réunions ne se tenaient pas dans le bâtiment actuel, dont la construction débuta en 1822 pour accueillir ses premiers visiteurs en 1825.

Aujourd’hui, cette bibliothèque privée mais ouverte au public compte environ 2000 membres et une certaine liberté se fait encore ressentir dans l’édifice. Les enfants ont le droit de manger en dévorant un livre, le Speakers Club donne des cours de prise de parole en public comme pour rappeler les origines de la Society riches en débats. Il s’y tient aussi un festival jazz franco-anglais L’Entente Chordiale faisant mentir la réputation d’inimitié entre Frogs (Français) et Rosbifs (Anglais)…

The Lit & Phil, un lieu hanté ?

On se sent tellement bien à la Lit & Phil que le bâtiment serait hanté de… seize fantômes ! Ces entités seraient toutes des anciens inscrits ou employés de la bibliothèque.

Ne vous étonnez donc pas d’entendre des bruits de pages tournées alors que vous serez seul(e) dans une salle et pas encore en train de feuilleter un ouvrage. Vous pourriez aussi bien vous sentez observé(e) en montant l’escalier menant au deuxième ou sentir une présence dans la salle de lecture historiquement réservée aux femmes.

Si vous avez l’occasion de vous entretenir avec du personnel de la bibliothèque, vous entendrez certainement d’étranges témoignages au sujet de la réserve du sous-sol… La Lit & Phil organise d’ailleurs des rencontres autour de l’activité paranormale qu’elle abriterait entre ces murs.

N’ayez pas trop peur tout de même ! La Literary & Philosophical Society est en temps normal bien plus un repaire d’intellectuels que de chasseurs de fantômes. Même si le côté hanté pourra intéresser celles et ceux qui ont d’habitude envie de partir en courant à peine passée la porte d’une bibliothèque !

F.A

http://www.litandphil.org.uk

Sources : site de la bibliothèque, Wikipédia et ghostnortheast.co.uk

Bicentenaire du poète anglais Robert Browning (7 mai 1812-12 décembre 1889) : un homme de lettres à découvrir aujourd’hui avec le poème « L’Amant de Porphyria »

Monday, May 7th, 2012

Aujourd’hui, lundi 7 mai 2012, le poète et dramaturge anglais Robert Browning fêterait ses 200 printemps. Alors que le bicentenaire de la naissance de Dickens, en février 2012, a été largement célébré, celui de Browning l’est plus timidement. Robert Browning est l’un des poètes les plus influents de l’ère victorienne, tout comme son épouse, Elizabeth Barrett Browning (1806-1861).

Browning est considéré comme l’inventeur d’une forme poétique appelée « monologue dramatique » ou encore « monologue victorien ». Afin de découvrir son œuvre, trop vaste pour faire l’objet d’un petit article de blog, nous vous proposons d’évoquer un de ses plus célèbres poèmes, son premier monologue dramatique publié en 1836 et intitulé Porphyria puis plus tard Porphyria’s Lover (L’amant de Porphyria), apparemment inspiré d’un fait divers de l’époque, en espérant vous donner envie de le lire…

-L’amant de Porphyria est une mini-tragédie construite comme en 5 actes mais en une soixantaine de vers seulement. C’est dire si cette œuvre se lit rapidement ! Elle met en scène les retrouvailles nocturnes d’un homme et de la femme qui l’aime. L’homme décide d’étrangler la femme à la superbe chevelure blonde et passe la nuit assis à côté de son corps…

-Le nom de la victime, Porphyria, serait inspiré du nom de la maladie appelée porphyrie dont certains symptômes comme la pâleur, le besoin de boire du sang et la répulsion de l’ail auraient inspiré les mythes du vampire et du loup-garou…

-Porphyria’s Lover pourra vous donner envie de mener votre propre enquête : pourquoi une rencontre nocturne ? Pourquoi un tel meurtre, etc ?

-Ce poème, par son thème quasi policier a inspiré l’auteur de polars Ruth Rendell pour l’écriture de sa nouvelle Lizzie’s Lover (recueil Blood Lines, 1995, traduit en français sous le titre En toute honnêteté).

-Porphyria’s Lover (1995) est le titre du roman éponyme de la romancière britannique Maggie Power.

-L’amant de Porphyria aurait inspiré au rockeur australien Nick Cave sa murder ballad Where The Wild Roses Grow (1995), duo chanté avec Kylie Minogue.

Avec un poème victorien et de l’imagination, voici tout ce qu’il est possible de faire. Heureux bicentenaire Browning et pourquoi pas, à vos plumes ?!

F.A

Lire le poème « L’amant de Porphyria » sur Wikipédia.

Crédit photo : Photogravure de Robert Browning (1865) par Julia Margaret Cameron, The Art Institute of Chicago / Wikimedia

Sources : Wikipédia, fabula.org

F.A

 

 

 

 

 

 

 

 

Turner dans l’ombre de Claude

Thursday, May 3rd, 2012

Montrer l’influence de Claude Gellée, célèbre paysagiste français du 17ème siècle, sur Turner. Tel est le but de l’exposition “Turner inspired: in the light of Claude” à la National Gallery. Même si son objectif est atteint, l’exposition révèle un Turner laborieux, répétitif, qui reproduit plus qu’il ne crée. Mais elle a aussi le mérite de nous faire découvrir la splendeur d’un artiste moins connu, Claude.

On le surnomme Claude Lorrain car c’est en Lorraine qu’il naît en 1600. Jeune pâtissier à Rome, il échange très vite les rouleaux contre les pinceaux, fait son chemin et devient au milieu du 17ème siècle l’un des peintres paysagistes européens les plus talentueux et renommés. Près de deux siècles plus tard, John Mallord William Turner suit un parcours similaire. D’origine modeste – son père avait un salon de coiffure à Covent Garden - , Turner dessine, peint, imprime et devient membre de la prestigieuse Royal Academy. Considéré comme un peintre paysagiste romantique, il est l’un des précurseurs de l’impressionnisme.

Turner bouleversé par Claude

Turner n’a pas eu besoin de beaucoup voyager pour découvrir les oeuvres de Claude. Des centaines d’entre elles faisaient déjà partie, au 19ème siècle, de plusieurs collections britanniques. En découvrant “Seaport With the Embarkation of the Queen of Sheba”, son soleil dominant dont les rayons semblent traverser le temps pour atteindre les rives jonchées de ruines aux allures gréco-romaines, Turner aurait selon un témoin, éclaté en sanglots, transporté par l’émotion, la profondeur du tableau et l’intensité de sa lumière. Une émotion intemporelle que le visiteur ressent encore aujourd’hui.

Turner reproduit, imite, adapte

Turner est inspiré. Non seulement, il peint ses propres versions de “Narcissus and Echo” et de “Tivoli on Thames” mais il commence aussi à mêler le passé au présent. Dans “Linlithgow Palace”, par exemple, le château qui domine la scène, semble tout droit sorti d’un brouillard doré de conte de fées, tandis que des hommes nus, au premier plan, se baignent dans une rivière chaude tels des éphèbes de la Grèce ancienne…

L’élève ne dépasse pas le maître

D’un bout à l’autre de l’exposition, c’est alternativement que l’on découvre une oeuvre de Claude puis celle qu’elle inspire à Turner – dont le travail inspiré de Claude lui a souvent valu le surnom de “British Claude” - . Mais la présentation pousse aux comparaisons et tourne malheureusement très vite au désavantage de Turner comme par exemple la maladresse du dessin de certains personnages de Turner qui renvoie à la beauté et à la finesse de ceux de Claude. Ou encore les arbres sombres et quasi-identiques de Turner qui lassent. Heureusement, comme une lueur au bout de la galerie, il y a la lumière, la chaleur et l’intensité des soleils de Turner manifestement hérités de Claude.

Des soleils et des atmosphères qui invitent à en voir plus. On quitte cette exposition en restant sur sa faim, sur l’envie soudaine du grand Turner romantique que l’on connaît et dont on veut redécouvrir les chefs d’oeuvre, cette fois, sous la lumière de Claude et non dans son ombre.

Turner inspired: In the Light of Claude, jusqu’au 5 juin à la National Gallery http://www.nationalgallery.org.uk/turner-inspired

EB

Claude (1600˗1682)

Seaport with the Embarkation of the Queen of Sheba, 1648

© The National Gallery, London 

Joseph Mallord William Turner (1775˗1851)

Dido building Carthage, or The Rise of the Carthaginian Empire, 1815

© The National Gallery, London 

Claude (1600˗1682)

Landscape with Psyche outside the Palace of Cupid (’The Enchanted Castle’), 1664

© The National Gallery, London 

Joseph Mallord William Turner (1775˗1851)

Landscape: Composition of Tivoli, 1817

Private collection

© Photo Robert Chapman Photography / courtesy of the owner