Retour au site

Archive for March, 2012

Marilyn pour toujours

Thursday, March 29th, 2012

Cinquante ans après sa fin tragique, la galerie Getty à Londres expose des photos de la star hollywoodienne la plus connue au monde. Une exposition qui nous fait redécouvrir une Marilyn que l’on connaît déjà mais dont on ne se lasse jamais…

La galerie Getty est pleine à craquer. Pourtant, ce n’est ni le soir du vernissage, ni une heure de pointe mais un milieu d’après-midi en semaine. Les visiteurs s’attardent sur les tirages noir et blanc de Marilyn, jusqu’à les décortiquer du regard. On la retrouve en starlette du temps où elle s’appelait encore Norman Jean Baker avant la péroxydation de ses cheveux et sa transformation en celle que l’on connaît tous sous le nom de Marilyn Monroe. Elle affichait déjà un corps et une silhouette inoubliables que toutes les femmes ont un jour enviés dans leur vie et que les hommes ont convoités.

Un sentiment de déjà-vu

Mais on ne peut pas vraiment parler d’effet surprise en regardant les photos de sa trop courte vie et carrière. Une sensation de déjà-vu s’installe très vite : Marilyn en starlette, Marilyn en train de lire sur un canapé, Marilyn dans le métro à New York, Marilyn dans son jardin, Marilyn cernée de paparazzi, ou de ses anciens maris : les images nous semblent toutes familières. Pourtant, Getty expose des images de collectionneurs rares, et même des inédites comme des photos extraites de planches contacts oubliées du tournage du film The Misfits. Clark Gable, Montgomery Clift, Arthur Miller et Marilyn se préparent à poser pour une photo de publicité du film. La star est assise sur une échelle. Pour une fois, elle ne pose pas, elle est prise au dépourvu, comme cernée par ces piliers du cinéma et de la littérature américaine.

Rien sur l’envers du décor

C’est l’une des seules images de l’exposition qui laisse dévoiler un peu de naturel chez la star. Malgré les légendes qui figurent au bas des autres photos telles que “Marilyn se relaxe en lisant Heinrich Heine” ou “Marilyn se détend dans son jardin” ou encore “Marilyn dans le métro à New York”, Marilyn pose et ne se détend certainement pas devant la caméra. Où sont les clichés “volés” ou tendres qui nous la montreraient elle, intime, “behind the scene” ? Ce sont eux qui manquent à cette exposition, ce sont eux que l’on aurait aimés voir et découvrir un peu de Marilyn “behind the scene”.
Mais l’envers du décor ne fait pas vendre. Ce sont les belles images de Marilyn, celles qui nous sont familières, les clichés qui sont devenus des clichés qui ont toujours autant de succès. Et en guise de cerise sur la gateau, Getty expose même certaines de ses plus belles tenues (celles notamment portées dans Certains l’aiment chaud ou The Misfits).

Bref, Marilyn fascine toujours : sa beauté, son histoire, sa vie, sa carrière, ses bonnes et ses mauvaises fréquentations, sa dépression chronique qui la rendait humaine pui sa fin solitaire et tragique. Cinquante ans plus tard, ce sont les images de sa gloire devant les projecteurs qui continuent de faire vendre et la manne semble inépuisable.

EB
Jusqu’au 3 juin 2012 : http://www.gettyimagesgallery.com/Exhibitions/Archive/Marilyn.aspx

 

Crédit photos :  

Harold Clements/Getty Images

Hulton Archive/Getty Images

 

Future Shorts Film Festival : le premier pop-up festival de court métrages

Tuesday, March 27th, 2012

 

Londres est la capitale du pop-up. Après les restos, les bars, les galeries, les magasins, c’est au tour des courts métrages d’être à l’affiche de la scène pop-up, grâce au Future Shorts Film Festival. Une nouvelle bonne raison de découvrir un format cinématographique peu souvent mis en valeur.

 

Un festival pop-up de court-métrages, il fallait y penser. Et ce n’est pas étonnant que l’idée soit venue de l’équipe du fameux Secret Cinema. Depuis quelques années, ces amoureux du cinéma organisent des projections secrètes de films dans les endroits les plus incongrus de la capitale britannique : jusqu’au dernier moment, on ne sait ni ce qu’on va voir, ni où. Des indices et un jeu de pistes dirigent nos pas vers un lieu qui recrée l’atmosphère du film. Loin des sentiers battus des grandes salles de cinéma.

 

Le plus grand festival de courts métrages pop-up au monde

 

Mais les créateurs du Secret Cinema n’ont pas voulu en rester là. Après les longs métrages projetés dans des endroits secrets, les courts sont enfin à l’honneur sous les feux des projecteurs. Le principe est simple : chaque saison, des courts-métrages sont projetés dans de vrais cinémas londoniens tels que le Hackney Picturehouse, le Ritzy à Brixton ou encore le Book Club à Shoreditch. Démarré l’hiver dernier, le Future Shorts Film Festival est déjà le plus grand festival du genre au monde ! En une saison, il a fait des petits jusque dans les cinémas de Flagstaff dans l’Arizona et de Tokyo. Sans oublier, l’effet réseaux sociaux : la chaîne Youtube de Future Shorts a déjà plus de 150 000 abonnés.

 

Stimuler la créativité et répartir les fonds

 

Non seulement le festival fait redécouvrir au monde un format cinéma qui a toujours eu du mal à trouver sa place mais il donne aussi à chacun la possibilité de proposer ses oeuvres : des premiers films côtoient des courts métrages de réalisateurs tels que Spike Jonze ou encore Sam Taylor-Wood. Un excellent moyen de faire connaître son travail et aussi d’en tirer profit. Le Future Shorts Film Festival est en effet le seul du genre à partager ses rentrées d’argent avec les réalisateurs !

 

La saison printanière du Future Shorts Film Festival a commencé, prenez vos tickets et redécouvrez une nouvelle fois la magie du cinéma.

 

Le programme de la saison printanière du festival : http://www.futureshorts.com/calendar-city-screenings.php


 

Floriography : le langage des fleurs dans l’Angleterre victorienne

Thursday, March 22nd, 2012

Depuis le 20 mars, c’est le printemps, saison tant attendue des fleurs et des petits oiseaux. Merci pour le scoop ! Voici cependant un sujet de saison qui devrait vous surprendre… 

Soit, le langage des fleurs vous dit vaguement quelque chose mais vous n’imaginez pas à quel point il était important dans l’Angleterre victorienne (1837-1901), autant que d’être bien habillé, va-t-on jusqu’à dire ! Les bouquets que l’on offrait étaient en fait des messages secrets que l’on ne pouvait pas faire passer autrement, en raison de l’apparente rigueur morale de l’époque. 

Les fleurs n’étaient pas porteuses de messages que sous la forme de bouquets comme les Tussie-Mussies, présentés dans un napperon de dentelle avec un lien de satin. Tant elles étaient présentes dans la société victorienne, les fleurs s’exprimaient à la boutonnière des messieurs, dans la coiffure d’une dame, le parfum d’un mouchoir sans oublier les motifs floraux des papiers à lettres, d’un service de table…

La forme du message floral…

Les fleurs avaient toutes une symbolique particulière mais rien que leur présentation donnait une orientation importante au message qu’elles délivraient. Une fleur « droite » indiquait un message positif, une fleur tombante, le contraire. La main avec laquelle la fleur était donnée et reçue avait apparemment son importance : la main droite signifiant yes et la gauche no.  D’autres gestes étaient également codifiés : porter à ses lèvres le bouquet voulait dire l’acquiescement ou laisser tomber un pétale, le refus.

Le fond du message floral…

N’allez pas pour autant imaginer que les fleurs, a priori associées aux beaux sentiments, ne leur étaient qu’expressément réservées. Le langage des fleurs étaient tellement important durant l’ère victorienne qu’il était conseillé au sein d’un couple respectable de suivre le même dictionnaire  symbolique des fleurs pour éviter les incompréhensions. Selon le dictionnaire utilisé, la jonquille pouvait signifier « amour non partagé » ou « le soleil brille avec toi » ! Et si les différentes couleurs de la rose étaient liées à divers degrés de sentiments amoureux, l’aneth révélait un désir physique ardent. Vous n’êtes pas sans savoir que la société victorienne n’était prude qu’en apparence !

 Entre gentlemen, les fleurs servaient à s’insulter sans recourir aux mots ou aux gestes. On pouvait ainsi envoyer de l’ail à un ennemi. Cette plante à l’odeur forte symbolisant la lutte contre une maladie désignait ainsi la personne concernée comme dangereuse. Et, dans des cas extrêmes, on choisissait un lis orange, pour avouer sa haine.

Entre amour et haine, comment oublier l’amitié ? Durant l’ère victorienne, on célébrait les amitiés en offrant des fleurs, par exemple des campanules, pour la gratitude…

Les nuances du langage des plantes et fleurs de l’époque victorienne sont aujourd’hui oubliées, même si l’on trouve encore sur le net et ailleurs des tableaux récapitulatifs de la symbolique des fleurs. La prochaine fois que vous serez amené à offrir un bouquet, pensez donc à étudier le langage des fleurs et à étaler votre savoir sur la « floriography » !

Crédit illustration : domaine public. Dans le langage des fleurs, le lilas violet symbolise les premières émotions de l’amour.

F.A

Sources : Wikipédia, h2g2.com, victorianbazaar.com

Lana Del Rey fait la moue pour Mulberry

Tuesday, March 20th, 2012

Avec sa moue boudeuse à outrance, sa voix de femme mûre et un talent indéniable qui jaillit dans ses chansons tristes et nostalgiques, l’Américaine Lana Del Rey est La Star du moment et ce dans la plus grande tradition rétro hollywoodienne. Pourtant, c’est la marque britannique Mulberry qui, la première, en fait son égérie et lui dédie un sac.

 

Sur Youtube, le clip de la chanson Born to Die score plus de 30 millions de vues, un véritable record pour une artiste qui, il y a un an, répondait encore au nom d’Elizabeth Grant, chantait dans des bars indies de New York et n’affichait pas encore cette moue aux lèvres (que l’on soupçonne largement refaites) boudeuses désormais indétachables du personnage.

 

Glamour et innocence

 

Six mois avant la sortie de son album Born to die, quelques malins pressentent le prodige et particulièrement Emma Hill, la directrice artistique de la marque anglaise Mulberry. “En regardant ses vidéos, c’était clair que Lana aimait raconter une histoire, qu’elle avait une manière éclectique de regarder les choses. Bien sûr, nous faisons des choses différentes, mais il y a chez elle un côté enfantin, innocent et glamour qui colle avec notre marque”, explique Emma. Bref, elle a tout de suite senti une connection entre la future star et le ton de Mulberry.

 

Succès et controverse

 

Après quelques échanges téléphoniques secrets avec la star, Emma Hill décide de la création d’un sac Lana Del Rey. Le fameux sac Alexa Chung, inspiré par la charmant présentatrice télé, avait fait grimpé les profits de Mulberry de manière exponentielle. “Tout le monde me demandait qui allait prendre la suite d’Alexa, et quand j’ai découvert Lana Del Rey, j’ai su que ce serait elle”, explique Emma. Et c’est à la dernière Fashion Week en février à Londres que Lana-Lizzy a dévoilé aux yeux du monde le fameux sac qui sera en vente à partir du mois de mai dans les magasins Mulberry.

En août dernier, lorsque les accords secrets étaient conclus, la marque n’avait encore aucune idée du succès à venir de Lizzy Grant et de la controverse qu’il allait soulever. Accusée d’avoir fabriqué son image avec le renfort de son manager et son papa millionnaire, et suite à des performances live désastreuses, Lana Del Rey vient sans doute de passer un hiver peu confortable… Sauf sur le plan financier, car malgré ses détracteurs et ses ratages en concert, “Born to die” se vend comme des petits pains.

 

Comme dirait l’autre, la critique est aisée mais l’art est difficile. Quoiqu’en disent ses détracteurs, moue ou pas moue, le talent de cette jolie fille à papa est indéniable. Vous avez d’ailleurs déjà sans doute craqué pour l’album, vous craquerez aussi pour le sac !

 

EB

 

Dimanche 18 mars 2012 : Mother’s Day, la fête des mères britanniques

Thursday, March 15th, 2012

 

En France, depuis 1950, la Fête des Mères est célébrée le dernier dimanche de mai. Comme vous le constatez,  il en est autrement chez nos voisins British. Chez eux, le Mother’s Day tombe le quatrième dimanche du Carême - également le troisième dimanche avant Pâques - originellement appelé Mothering Sunday.

Selon la tradition chrétienne, ce dimanche célèbre la Vierge Marie et chacun doit se rendre dans son église de baptême. Traditionnellement aussi, les serviteurs se voyaient octroyer une journée de congé pour la passer en famille et en présence de leur mère, à laquelle ils offraient des fleurs. C’est de là qu’est venue progressivement la coutume du cadeau de fêtes des mères, dans la première moitié du 20e siècle quand la fête commerciale vint peu à peu remplacer la fête religieuse.

Si vous voulez donc fêter le Mother’s Day comme en Grande-Bretagne, vous pouvez offrir  à votre mère fleurs, jolie carte ou n’importe quel cadeau que l’on offrirait en France à la Fête des Mères. Jusqu’ici rien d’original ! Pour innover, lancez-vous donc dans la confection du Simnel Cake, gâteau typique de Pâques et du Mothering Sunday. Le terme ‘Simnel ‘ viendrait du latin simila désignant la fine farine de blé entrant dans la composition du gâteau. Ce gâteau médiéval se compose de pâte d’amandes, d’épices et de fruits secs. Pour vous assurer de faire plaisir à votre mother, vérifiez qu’elle apprécie ces ingrédients et mettez-vous en cuisine !

F.A

Source : Wikipédia

Vidéo: recette filmée du traditionnel gâteau de la fête des mères britannique

The Bigg Egg Hunt : La chasse aux oeufs est ouverte !

Tuesday, March 13th, 2012

Spécialement pondus par des artistes de renommée internationale, plus de 200 oeufs sont l’objet d’une chasse inédite lancée par Fabergé avec prix à la clef et lever de fonds pour les associations Elephant Family (http://www.elephantfamily.org/) et Action For Children (http://www.actionforchildren.org.uk/) : Amateurs d’oeufs en tous genres, à vos GPS !

Un beau matin frisquet de février, le jour du début du carême, les cloches passent en avance et parachutent des oeufs dans tout Londres. La chasse est alors officiellement ouverte. La première étape consiste à vous connecter sur le site de The BIg Egg Hunt (http://www.thebigegghunt.co.uk) et à identifier les emplacements des fameux oeufs. Attention, certains sont carrément l’oeuvres des frères Chapman, Marc Quinn et Vivienne Westwood et valent vraiment le coup d’être dénichés.

Une fois muni de votre A to Z ou de votre app GPS - selon le style - , il ne vous reste plus qu’à les localiser. Chaque oeuf a un code et le but de la chasse est d’envoyer des sms au numéro 80001 avec le plus de codes possibles. Ainsi les chances de gagner le fameux Diamond Jubilee d’une valeur de £ 100 000 sont plus grandes !

Quant aux autres oeufs, ils sont mis aux enchères et tout l’argent récolté sera reversé aux associations partenaires du projet. Et comme si ce n’était pas encore suffisant, le livre Guinness des Records suit de près la chasse : Elle pourrait en effet remporter le record mondial de participation à une chasse aux oeufs ! N’hésitez plus, partez en chasse !

EB

http://www.thebigegghunt.co.uk/

Victoria Beckham : la nouvelle « Queen Victoria »…

Thursday, March 8th, 2012

 

En cette journée internationale de la femme (International Women’s Day), voici le portrait de celle qui hier incarnait le kitsch British mais représente aujourd’hui le chic anglais.  Victoria Adams, ex-Spice Girl, est devenue Mrs David Beckham et styliste de renom, en son propre nom : Victoria Beckham. Au point de se classer deuxième femme la plus influente de son pays, entre JK Rowling, auteure d’Harry Potter et la reine Elizabeth.

Par sa naissance à Harlow en 1974, Victoria Adams avant d’être Beckham, est une de ces Essex girls, filles du comté d’Essex, où les demoiselles sont la cible de blagues sur leur vertu, qu’on dit petite comme leur microjupe !

En 1994, Victoria devient pourtant une des cinq Spice Girls, groupe féminin le plus célèbre de l’histoire mondiale de la musique. Jusqu’à la séparation du groupe en 2001, Vic est Posh Spice, la Spice Girl chic et snob, toute en vêtements siglés Gucci…  Mais sa réputation d’hautaine matérialiste la poursuit : par son mariage en 1999 avec le milieu de terrain David Beckham, Victoria est devenue WAG - de Wives and Girlfriends, femme ou compagne de footballeur.

Outre une carrière de chanteuse solo plus ou moins avortée, la publication d’un livre prodiguant moult conseils mode et beauté* et  plusieurs émissions de télé-réalité, Mrs Beckham est une mère de famille plutôt busy, menant une vie de celebrity à L.A avec ses trois fils et son Galaxy de mari.

Jusqu’en septembre 2008. Là, Victoria la fashionista décide de créer sa marque, au départ pour se faire plaisir. Et trois ans plus tard, en novembre 2011, c’est la profession qui salue non pas Victoria,  reine des people, mais Victoria, nouvelle reine de la couture, récompensée pour sa marque, Victoria Beckham, d’un British Fashion Award. Son secret ? Créer des robes qui subliment la femme, en soignant le choix des coupes et des matières. Et c’est le tout-Hollywood comme Cameron Diaz, Demi Moore ou Sarah Jessica Parker, qui se laisse rhabiller par Vic, ex-princesse du mauvais goût. Cette dernière avoue mettre tout son cœur, toutes ses exigences et ses connaissances des problématiques féminines pour rendre sa clientèle encore plus belle.

Côté style et image, l’impeccable Victoria sait aussi se montrer moins glamour. Cette mère de désormais quatre enfants s’avoue volontiers débordée et  confesse travailler en robe de chambre sur Skype pour communiquer avec ses équipes à Londres. Elle explique que dans son couple, David est la beauté, elle l’humour. Pourtant, quand les journalistes mode voient en Mrs Beckham une nouvelle Coco Chanel ou Donna Karan, elles l’affirment sans plaisanter !

F.A

*That Extra Half an Inch: Hair, Heels and Everything In Between (Michael Joseph Ltd, 2006)

www.victoriabeckham.com / La collection Victoria Beckham est distribuée en France sur net-a-porter.com ou au Printemps Haussmann (Paris). Compter env. 1500 euros pour une robe.

Sources : Madame Figaro, Wikipédia et site Victoria Beckham

Vidéo :le défilé automne - hiver 2012

Lucian Freud à la National Portrait Gallery : Etonner, déranger, séduire, convaincre

Tuesday, March 6th, 2012

 

Huit mois après la disparition du grand portraitiste, la National Portrait Gallery consacre à Lucian Freud  la rétrospective du travail d’une vie. Le peintre voulait que ses tableaux étonnent, dérangent, séduisent et convainquent. Son voeu est entièrement réalisé. La preuve par quatre.

 

Astonish

 

C’est naturellement chronologiquement que l’on découvre l’oeuvre de Lucian Freud. Ses premiers portraits comme celui de son tuteur Cedric Morris peint à l’âge de 18 ans alors qu’il étudiait à l’East Anglian School of Painting and Drawing dans le Norfolk ont déjà quelque chose de différent : une sorte de dissymétrie, à la limite de la distorsion avec une pointe de surréalisme comme dans l’auto-portrait du peintre “Man with a feather”.

 

Puis, la fameuse “Girl with a white dog” nous fait presqu’un clin d’oeil. Façon de parler car parmi tous les portraits de femmes et d’hommes qui l’entourent, c’est la seule qui nous regarde vaguement. Les autres ont tous le regard ailleurs, reclus dans leur propre monde comme si Lucian Freud avait réussi à capter leurs expressions au moment où ils étaient les plus vulnérables.

 

Disturb

 

La force des portraits étonne mais leur dissymétrie volontaire, les couleurs beiges, grises et presque ternes, les articulations des corps nus soudain plus roses, plus rouges dérangent. On entre dans la deuxième phase du processus : celle de la déstabilisation. On ne sait plus trop quoi penser de ces corps nus d’hommes et de femmes sur des lits à barreaux, des corps à l’abandon dans des draps défaits. Quelque chose de maladif, de médical, de désespérement sombre et inéluctable transpire des portraits de Lucian Freud. Ils dérangent toujours mais offrent aussi des moments de répit comme les auto-portraits du peintre. Enfin, le sujet nous regarde. Et surtout, les portraits de la mère de Lucian Freud. Magnifiques : comme si l’histoire tragique de la famille (Lucian Freud et ses parents fuient l’Allemagne nazie en 1933 pour la Grande-Bretagne et perdent de nombreux parents dans les camps de concentration) et de l’holocauste était à jamais figée sur les traits dignes de la vieille femme.

 

Seduce

 

Le tour est joué. Lucian Freud nous a dérangés pour mieux nous séduire. On est conquis par des portraits tels que “The two Irish men”, voire hypnotisés. Et ce n’est pas seulement nous, les visiteurs, que le peintre séduit mais aussi ses modèles. Des modèles qui se plient aux désirs du maître tout en lui cédant un peu de leur intimité, de leur face cachée voire obscure. Certains sont d’ailleurs particulièrement à l’aise avec Lucian Freud, comme l’artiste Leigh Bowery, pop-star et artiste culte des années 80. Sa présence et son physique impressionnant nous font retourner dans la case “Disturb”.

 

Convince

 

Mais pas pour longtemps. Le processus de séduction reprend le dessus dès qu’on franchit le pas de la salle où sont exposés les derniers tableaux du peintre, des corps nus toujours, des lits à barreaux, défaits, des fauteuils décatis. Et surtout, derrière l’extrême nudité des modèles, la découverte de leur face cachée. Il ne vous faudra pas longtemps pour être convaincu.

 

Lucian Freud à la National Portrait Gallery jusqu’au 27 mai : http://www.npg.org.uk/freudsite/

EB

 

 

 

Margaret Thatcher : de « La Dame de Fer » à sa statue de bronze !

Thursday, March 1st, 2012

Depuis le 15 février 2012, « La Dame de Fer » (The Iron Lady) s’est imposée sur les écrans. Ce film biographique à visée apolitique sur la vie de Margaret Thatcher, a été réalisé par Phyllida Lloyd, avec dans le rôle-titre Meryl Streep.
L’actrice s’est d’ailleurs vue remettre un Golden Globe et un Oscar de la meilleure actrice pour sa performance. Le public britannique a néanmoins été surpris de voir le rôle de Mrs Thatcher joué par une… Américaine. Et sur le plan politique, il se dit que le film ne représente pas fidèlement les années Thatcher, mais met plutôt en scène les souvenirs d’une octogénaire, ex-icône politique, souffrant de la maladie d’Alzheimer.
Portrait de la « Dame de Fer » autour de deux notions : la femme politique et la femme inflexible sur le terrain politique…

 
La dame…
“En politique, si vous voulez des discours, demandez à un homme. Si vous voulez des actes, demandez à une femme », dixit Margaret Thatcher en 1975.
Il faut dire que Mrs Thatcher a cumulé les records en tant que femme politique. Née en 1925, la dirigeante du parti conservateur de 1975 à 1990, a été la première et unique femme Premier Ministre du Royaume-Uni. De plus, Margaret Thatcher a été le Premier Ministre britannique à effectuer le plus long mandat sans interruption, de 1979 à 1990.
Femme politique et mère de jumeaux, travaillant dur et prônant les valeurs du travail, Margaret Thatcher s’est toujours dite antiféministe. Même en montrant qu’une femme pouvait mener une carrière politique comme un homme, Mrs Thatcher, pourtant favorable au contrôle des naissances via le choix d’avorter ou non, aurait dans l’ensemble compliqué la vie des femmes. Elle aurait réduit les dépenses liées au logement et à la santé, des domaines-clés pour les femmes, puis critiqué les actives, peu disponibles pour leurs enfants…
Il se dit aussi que « la dame », plus épouse que mère, aurait aimé tout au long de sa carrière son ascendant sur les hommes, au point de ne pas favoriser la présence d’autres femmes au pouvoir et d’aimer faire du charme à ses collaborateurs !

 
De fer…
N’allez pas imaginer que le surnom ‘The Iron Lady’ (la dame de fer) est lié à la politique de fermeté qui a caractérisé le mandat de Margaret Thatcher. Ce nom lui a en fait a été attribué en 1976 en référence à ses positions anticommunistes par L’étoile rouge, journal-organe de l’armée soviétique.
Etre traitée de « Dame de Fer » aurait plutôt séduit Mrs Thatcher, mettant ainsi l’accent sur sa fermeté politique, notamment face aux conflits ayant ponctué son mandat parmi lesquels la guerre des Malouines (conflit avec l’Argentine à propos des îles du même nom, en 1982), la grève des mineurs, les grèves de la faim des prisonniers politiques d’Irlande …

Enfin, pas pour l’Histoire mais la petite histoire, il est bon de savoir que Mrs Thatcher a toujours été une icône de la culture populaire donc musicale, de Renaud à Roger Waters des Pink Floyd en passant par Iron Maiden… Justement, ce groupe de heavy-metal britannique, littéralement « La Vierge de Fer », a fait allusion à « La Dame de Fer » dans le single Sanctuary. C’est ainsi que la pochette du disque montre la Premier Ministre poignardée par Eddie, la mascotte d’Iron Maiden, pour avoir arraché une affiche de concert du groupe.
Et si vous voulez une dernière anecdote pour la route, sachez qu’en 2007, à la Chambre des Communes, « La Dame de Fer » a inauguré sa statue réalisée en bronze en déclarant cela : « J’aurais préféré du fer. Mais le bronze suffira. Il ne rouillera pas ! ».
F.A

Sources : Allocine, Wikipédia, Metro, Stylist et Reuters

Crédit photo : “Former British Prime Minister Margaret Thatcher” / Chris Collins, Margaret Thatcher Foundation