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Out of Focus, Photography à la Saatchi Gallery

May 16th, 2012

“Out of Focus”, voilà un titre d’expo photos qui pourrait facilement rebuter le visiteur. Faut-il s’attendre à des images volontairement floues, soigneusement ratées ? Non ! L’immense espace de la galerie Saatchi à Chelsea offre, pour sa première expo entièrement dédiée aux photos, un état des lieux hétéroclyte et perturbant de la photographie contemporaine.

Lost in photography

Le terme “Out of Focus” s’applique, pour commencer, au choix des 37 photographes - ou plutôt des “praticiens de la photo” - dont les travaux sont à des années-lumières les uns des autres. En entrant à gauche dans l’une des plus grandes salles de la Saatchi, c’est le travail de l’Américaine Katy Grannan qui saute aux yeux : des portraits “anonymes” d’hommes et de femmes marginaux, marginalisés, dont on ne n’est plus sûr ni du sexe ni de l’âge. Ils sont pris en photo, le long d’un mur blanc, sur un boulevard (c’est d’ailleurs le titre de la série). La lumière éclatante du soleil ne pardonne pas et la trop grande netteté des photos dérange.
Comment qualifier ce type de photographie ? Des portraits qui ont des allures de “street photography” mais qui n’en sont pas car ils ne sont pas pris sur le vif. Au contraire, il semble que les poses aient duré des heures. Du travail de photojournalisme sur les laissers pour compte d’une société américaine de winners ? Non plus : les cadrages et les lumières sont trop identiques, uniformes et “chiadés”. De la pub ? Vous rigolez. Qui “utiliserait” de tels modèles ? Quoi que… Benetton peut-être, du temps de son directeur artistique Olivero Toscani.

Lost in translation

Bref, vous l’aurez compris : dès la première salle, nous sommes perdus. Nos repères photographiques classiques n’existent plus. Alors, nous nous raccrochons aux branches. Ca et là, des images, des collages, des installations nous captivent et nous ressourcent : les “Dioramas” de Paris et de New York (collages méticuleux de petits bouts de photos en noir et blanc des villes, http://www.soheinishino.com/en/works/dioramamap/paris/index.html) du Japonais Sohei Nishino, les “Filmstrips” de Jennifer West dont un de plusieurs mètres de long est déroulé dans une salle (http://www.saatchi-gallery.co.uk/artists/jennifer_west.htm?section_name=photography), ou encore les collages “coupés au couteau” de John Stezaker (http://www.regentspark.fr/blog/?p=225)

Globalement, il y en a pour tous les goûts. Des choses vous plairont, d’autres vous laisseront perplexes ou vous répugneront. “Out of Focus” a des allures de grand déballage de photos, de collages et autres bidouillages et assemblages à base d’images, au fil conducteur définitivement flou.

Out of Focus, Photography, jusqu’au 22 juillet 2012 : http://www.saatchi-gallery.co.uk/
EB

Katy Grannan

Anonymous, Los Angeles, Boulevard 11

2009/ printed 2011

Archival pigment print on cotton rag paper, mounted on Plexiglas

139.7 x 104.1 cm

Image courtesy of the Saatchi Gallery, London.

© Katy Grannan, 2009

Yumiko Utsu

Octopus Portrait

2009

C-type print

55 x 44.5 cm

Image courtesy of the Saatchi Gallery, London.

© Yumiko Utsu, 2009

Adam Broomberg & Oliver Chanarin

Culture 3 Sheet 72

2010

C-type print

150 x 190 cm

Image courtesy of the Saatchi Gallery, London.

© Adam Broomberg & Oliver Chanarin, 2010

 

Alfred Hitchcock (1899-1980) : le Londres du « maître du suspense »

May 15th, 2012

A l’aube du Festival de Cannes 2012, un petit sujet cinéma typiquement British…”

Même s’il vécut longtemps aux Etats-Unis et acquit la nationalité américaine, le cinéaste Alfred Hitchcock demeure le plus grand nom du film britannique. Le maître du suspense, réalisateur très prolifique notamment de Rebecca (1940), Psychose (1960) ou Les oiseaux (1963) était né en 1999 à Leytonstone, est de Londres, un quartier où le tueur de prostituées Jack L’Eventreur sévissait une dizaine d’années plus tôt.

Du Londres du jeune Alfred à celui d’aujourd’hui, voici des lieux que vous ne pourrez jamais aller voir, d’autres que vous pouvez encore voir, qu’ils soient de l’époque de « Hitch » ou des constructions récentes lui rendant hommage.

Hauts lieux hitchcockiens disparus à jamais

-Maison natale d’Hitchcock (517 High Road, Leytonstone) : cette maison qui n’est pas devenue un musée comme on aurait pu l’espérer a été remplacée par une station-service… What a pity! *

-Academy Cinema (quartier Leytonstone) : le cinéma fétiche d’Hitchcock enfant était devenu le Century Cinema avant sa destruction en 1983. Too late! **

Hauts lieux hitchcockiens d’époque où vous rendre

-Old Bailey (Old Bailey Street) : il s’agit de la cour criminelle de Londres où Hitchcock enfant aimait aller écouter les procès et d’où il tira plus tard l’inspiration pour ses films. Aujourd’hui, on peut toujours venir écouter un procès, à condition d’être âgé d’au moins 14 ans. On vient écouter ce qui se passe dans cet édifice par intérêt pour le droit, pas pour le sensationnel, prévient le site officiel de Londres.

-Musée de cire Madame Tussauds (Baker Street) : Alfred enfant adorait visiter The Chamber of Horrors où il pouvait admirer les statues de cire de victimes de la Révolution française ainsi que de célèbres meurtriers et criminels. Le futur cinéaste était loin de se douter qu’il aurait un jour sa statue dans cette célèbre Chambre des Horreurs.

 

 

Hauts lieux hitchcockiens récents

-Station de métro Leytonstone (sur Central Line) : depuis 2001, dix-sept mosaïques kitschissimes à la gloire de la vie et de l’œuvre d’Alfred Hitchcock ornent la station, pour faire suite au centenaire du monsieur célébré en 1999.

-Sir Alfred Hitchcock Hotel (147 Whipps Cross Road) : cet hôtel de Leytonstone rend hommage à l’enfant du quartier et a décoré certains murs de ses portraits. Cet hôtel ne plongerait pas pour autant les fans dans une ambiance à la Psychose et recevrait des critiques de touristes mitigés…

F.A

Sources : Télérama et Wikipédia

http://www.youtube.com/watch?v=BX8pvgDS31A&feature=related

Vidéo d’Alfred Hitchcock, série de films courts à suspense Alfred Hitchcock Presents, episode : The Older Sister (1956).

*Quel dommage !

**Trop tard !


 

The Literary & Philosophical Society (Newcastle-Upon-Tyne) : une bibliothèque pour tous, même pour les fantômes !

May 10th, 2012

Surnommée The Lit & Phil et fondée en 1793, The Literary & Philosophical Society, située à Newcastle-Upon-Tyne (nord-est de l’Angleterre) est la plus grande bibliothèque britannique hors Londres. Espace de liberté par la richesse de ses événements culturels et de son histoire, cette bibliothèque serait également hantée…

The Lit & Phil, un espace de liberté

A sa fondation en 1793, la Literary & Philosophical Society était un club de conversation payant où l’on pouvait parler de tout sauf de religion et de politique. Preuve de son esprit avant-gardiste, la Society s’ouvrit dès 1804 aux femmes. Il faut savoir que les réunions ne se tenaient pas dans le bâtiment actuel, dont la construction débuta en 1822 pour accueillir ses premiers visiteurs en 1825.

Aujourd’hui, cette bibliothèque privée mais ouverte au public compte environ 2000 membres et une certaine liberté se fait encore ressentir dans l’édifice. Les enfants ont le droit de manger en dévorant un livre, le Speakers Club donne des cours de prise de parole en public comme pour rappeler les origines de la Society riches en débats. Il s’y tient aussi un festival jazz franco-anglais L’Entente Chordiale faisant mentir la réputation d’inimitié entre Frogs (Français) et Rosbifs (Anglais)…

The Lit & Phil, un lieu hanté ?

On se sent tellement bien à la Lit & Phil que le bâtiment serait hanté de… seize fantômes ! Ces entités seraient toutes des anciens inscrits ou employés de la bibliothèque.

Ne vous étonnez donc pas d’entendre des bruits de pages tournées alors que vous serez seul(e) dans une salle et pas encore en train de feuilleter un ouvrage. Vous pourriez aussi bien vous sentez observé(e) en montant l’escalier menant au deuxième ou sentir une présence dans la salle de lecture historiquement réservée aux femmes.

Si vous avez l’occasion de vous entretenir avec du personnel de la bibliothèque, vous entendrez certainement d’étranges témoignages au sujet de la réserve du sous-sol… La Lit & Phil organise d’ailleurs des rencontres autour de l’activité paranormale qu’elle abriterait entre ces murs.

N’ayez pas trop peur tout de même ! La Literary & Philosophical Society est en temps normal bien plus un repaire d’intellectuels que de chasseurs de fantômes. Même si le côté hanté pourra intéresser celles et ceux qui ont d’habitude envie de partir en courant à peine passée la porte d’une bibliothèque !

F.A

http://www.litandphil.org.uk

Sources : site de la bibliothèque, Wikipédia et ghostnortheast.co.uk

Bicentenaire du poète anglais Robert Browning (7 mai 1812-12 décembre 1889) : un homme de lettres à découvrir aujourd’hui avec le poème « L’Amant de Porphyria »

May 7th, 2012

Aujourd’hui, lundi 7 mai 2012, le poète et dramaturge anglais Robert Browning fêterait ses 200 printemps. Alors que le bicentenaire de la naissance de Dickens, en février 2012, a été largement célébré, celui de Browning l’est plus timidement. Robert Browning est l’un des poètes les plus influents de l’ère victorienne, tout comme son épouse, Elizabeth Barrett Browning (1806-1861).

Browning est considéré comme l’inventeur d’une forme poétique appelée « monologue dramatique » ou encore « monologue victorien ». Afin de découvrir son œuvre, trop vaste pour faire l’objet d’un petit article de blog, nous vous proposons d’évoquer un de ses plus célèbres poèmes, son premier monologue dramatique publié en 1836 et intitulé Porphyria puis plus tard Porphyria’s Lover (L’amant de Porphyria), apparemment inspiré d’un fait divers de l’époque, en espérant vous donner envie de le lire…

-L’amant de Porphyria est une mini-tragédie construite comme en 5 actes mais en une soixantaine de vers seulement. C’est dire si cette œuvre se lit rapidement ! Elle met en scène les retrouvailles nocturnes d’un homme et de la femme qui l’aime. L’homme décide d’étrangler la femme à la superbe chevelure blonde et passe la nuit assis à côté de son corps…

-Le nom de la victime, Porphyria, serait inspiré du nom de la maladie appelée porphyrie dont certains symptômes comme la pâleur, le besoin de boire du sang et la répulsion de l’ail auraient inspiré les mythes du vampire et du loup-garou…

-Porphyria’s Lover pourra vous donner envie de mener votre propre enquête : pourquoi une rencontre nocturne ? Pourquoi un tel meurtre, etc ?

-Ce poème, par son thème quasi policier a inspiré l’auteur de polars Ruth Rendell pour l’écriture de sa nouvelle Lizzie’s Lover (recueil Blood Lines, 1995, traduit en français sous le titre En toute honnêteté).

-Porphyria’s Lover (1995) est le titre du roman éponyme de la romancière britannique Maggie Power.

-L’amant de Porphyria aurait inspiré au rockeur australien Nick Cave sa murder ballad Where The Wild Roses Grow (1995), duo chanté avec Kylie Minogue.

Avec un poème victorien et de l’imagination, voici tout ce qu’il est possible de faire. Heureux bicentenaire Browning et pourquoi pas, à vos plumes ?!

F.A

Lire le poème « L’amant de Porphyria » sur Wikipédia.

Crédit photo : Photogravure de Robert Browning (1865) par Julia Margaret Cameron, The Art Institute of Chicago / Wikimedia

Sources : Wikipédia, fabula.org

F.A

 

 

 

 

 

 

 

 

Turner dans l’ombre de Claude

May 3rd, 2012

Montrer l’influence de Claude Gellée, célèbre paysagiste français du 17ème siècle, sur Turner. Tel est le but de l’exposition “Turner inspired: in the light of Claude” à la National Gallery. Même si son objectif est atteint, l’exposition révèle un Turner laborieux, répétitif, qui reproduit plus qu’il ne crée. Mais elle a aussi le mérite de nous faire découvrir la splendeur d’un artiste moins connu, Claude.

On le surnomme Claude Lorrain car c’est en Lorraine qu’il naît en 1600. Jeune pâtissier à Rome, il échange très vite les rouleaux contre les pinceaux, fait son chemin et devient au milieu du 17ème siècle l’un des peintres paysagistes européens les plus talentueux et renommés. Près de deux siècles plus tard, John Mallord William Turner suit un parcours similaire. D’origine modeste – son père avait un salon de coiffure à Covent Garden - , Turner dessine, peint, imprime et devient membre de la prestigieuse Royal Academy. Considéré comme un peintre paysagiste romantique, il est l’un des précurseurs de l’impressionnisme.

Turner bouleversé par Claude

Turner n’a pas eu besoin de beaucoup voyager pour découvrir les oeuvres de Claude. Des centaines d’entre elles faisaient déjà partie, au 19ème siècle, de plusieurs collections britanniques. En découvrant “Seaport With the Embarkation of the Queen of Sheba”, son soleil dominant dont les rayons semblent traverser le temps pour atteindre les rives jonchées de ruines aux allures gréco-romaines, Turner aurait selon un témoin, éclaté en sanglots, transporté par l’émotion, la profondeur du tableau et l’intensité de sa lumière. Une émotion intemporelle que le visiteur ressent encore aujourd’hui.

Turner reproduit, imite, adapte

Turner est inspiré. Non seulement, il peint ses propres versions de “Narcissus and Echo” et de “Tivoli on Thames” mais il commence aussi à mêler le passé au présent. Dans “Linlithgow Palace”, par exemple, le château qui domine la scène, semble tout droit sorti d’un brouillard doré de conte de fées, tandis que des hommes nus, au premier plan, se baignent dans une rivière chaude tels des éphèbes de la Grèce ancienne…

L’élève ne dépasse pas le maître

D’un bout à l’autre de l’exposition, c’est alternativement que l’on découvre une oeuvre de Claude puis celle qu’elle inspire à Turner – dont le travail inspiré de Claude lui a souvent valu le surnom de “British Claude” - . Mais la présentation pousse aux comparaisons et tourne malheureusement très vite au désavantage de Turner comme par exemple la maladresse du dessin de certains personnages de Turner qui renvoie à la beauté et à la finesse de ceux de Claude. Ou encore les arbres sombres et quasi-identiques de Turner qui lassent. Heureusement, comme une lueur au bout de la galerie, il y a la lumière, la chaleur et l’intensité des soleils de Turner manifestement hérités de Claude.

Des soleils et des atmosphères qui invitent à en voir plus. On quitte cette exposition en restant sur sa faim, sur l’envie soudaine du grand Turner romantique que l’on connaît et dont on veut redécouvrir les chefs d’oeuvre, cette fois, sous la lumière de Claude et non dans son ombre.

Turner inspired: In the Light of Claude, jusqu’au 5 juin à la National Gallery http://www.nationalgallery.org.uk/turner-inspired

EB

Claude (1600˗1682)

Seaport with the Embarkation of the Queen of Sheba, 1648

© The National Gallery, London 

Joseph Mallord William Turner (1775˗1851)

Dido building Carthage, or The Rise of the Carthaginian Empire, 1815

© The National Gallery, London 

Claude (1600˗1682)

Landscape with Psyche outside the Palace of Cupid (’The Enchanted Castle’), 1664

© The National Gallery, London 

Joseph Mallord William Turner (1775˗1851)

Landscape: Composition of Tivoli, 1817

Private collection

© Photo Robert Chapman Photography / courtesy of the owner

 

World Burlesque Games 2012 (7-13 mai, Londres) : avant les J.O de Londres, la capitale britannique accueille les J.O du Burlesque !

April 30th, 2012

Du 7 au 13 mai, la / le sixième LBF, London Burlesque Fest(ival) accueillera les plus grands performeurs et performeuses new burlesque du Royaume-Uni et du monde entier. Cette rencontre au sommet de l’art de l’effeuillage rétro-chic et arty porte plusieurs noms : on parle également de London Burlesque Week. Cette année, J.O de Londres obligent, il s’agira des World Burlesque Games 2012 ! Cet événement est chapeauté par le producteur Mark Henderson alias Chaz Royal, surnommé « the king of burlesque » (le roi du burlesque). Un peu de teasing en attendant l’ouverture de ces jeux qui feront aussi transpirer le public…

Sur les World Burlesque Games

Chaque soir, hormis le 7 mai, show d’ouverture et le 13 mai, show de clôture, sera disputé un titre dans une catégorie particulière. A l’issue des différentes soirées, les vainqueurs de chaque catégorie nationale et / ou internationale seront couronnés performeur, performeuse, révélation… Les vainqueurs remporteront, en plus du prestige, argent et partenariats avec des marques. Défendront les couleurs de la France : Minnie Valentine, Miss Anne Thropy, Vivi Valentine…

Sur le néo-burlesque British

Contrairement au néo-burlesque français qui favorise les numéros féminins et glamour en solo, la scène new burlesque British ose la variété et l’excentricité En voici quelques exemples.

Du côté des performeuses, les numéros d’Anna The Hulagan, fan de hula hoop ou d’Imogen Hoops, ex-trapéziste montrent l’influence des arts du cirque… Autre originalité chez VJ Spankie, comme son nom de scène l’indique, elle est également vidéaste !

Le burlesque British ne se conjugue pas qu’au féminin singulier. Le couple Tango Manga propose des numéros hyper sensuels autour du tango argentin. On recense aussi un nombre assez important de performeurs « boylesque » : tendance masculin-féminin avec Mister Mistress, chic anglais chez Lord Ritz ou cabaret selon Hooray Henry, également magicien.

Alors, au lieu de réserver des billets pour regarder les dieux du stade mouiller le maillot cet été à Londres, en mai, faites ce qu’il vous plaît et choisissez des jeux pas moins athlétiques dont la finalité est de tomber la jupe ou la chemise !

F.A

http://londonburlesquefest.com/

 

WORLD BURLESQUE GAMES 2012 Teaser from Californication on Vimeo.

 

Abercrombie & Fitch contre Chaps : Sauver l’esprit Savile Row !

April 26th, 2012

Lundi 23 avril, une cinquantaine de “chaps” (terme un tantinet désuet signifiant “gars”) impeccablement vêtus se sont retrouvés sur Savile Row pour manifester contre l’ouverture d’un magasin Abercrombie & Fitch pour enfants. Une ouverture qui annoncerait la mort d’une rue symbole de la confection sur mesure.

 

Savile Row, bastion des plus beaux tweeds, des meilleurs tailleurs…

 

“Ce n’est pas l’endroit pour ouvrir un magasin Abercrombie & Fitch, déclare, convaincue, une “chapette” armée d’une pancarte “Give three-piece a chance” (donnez une chance au 3 pièces) et vêtue d’un charmant tailleur vintage années 40, leurs vêtements sont trop banals. Ils ne vont tout simplement pas avec l’esprit de la rue”, poursuit-elle. En effet, Savile Row a toute une histoire de confection de costumes et de vêtements sur mesure. C’est dans cette rue de Mayfair que l’uniforme de l’amiral Nelson porté à Trafalgar fut fabriqué. C’est là aussi qu’Edward VII inventa la “Dinner Jacket”. Plus tard, Hollywood n’hésitait pas à y envoyer ses plus grandes stars telles que Rudolf Valentino ou Frank Sinatra pour se faire faire des costumes sur mesure.

 

… et de l’élégance

 

Depuis plus de deux siècles, malgré les guerres, les crises et plus récemment le prêt à porter et l’invasion des grandes chaînes telles que Abercrombie & Fitch, Savile Row a su garder son excellente réputation de savoir-faire et de qualité. “Vous pouvez aller dans n’importe quelle ville d’Angleterre et acheter le même genre de fringues que l’on trouve chez Abercrombie & Fitch, déclare Gustav Temple, rédacteur en chef de The Chap – magazine initiateur de la manifestation-, par contre, vous ne pouvez pas aller dans n’importe quelle rue du pays et demander un costume sur mesure…”, poursuit-il.

 

Lutter contre l’uniformisation

 

Armés de pancartes “Give three-piece a chance” et poussant en coeur une chansonnette reprenant le même slogan, nos chaps et chapettes marchent du numéro 3 Savile Row au grand magasin Abercrombie & Fitch dans Burlington Gardens. Plantés devant la grande entrée qui d’habitude laisse échapper des éfluves de parfum tenace et entrevoir de beaux jeunes garçons aux torses impeccablement épilés, les chaps, leurs tweeds, cravattes, pipes, moustaches, chapeaux, monocles, pieds de poule et tailleurs pour les jolies dames apportent un contraste détonnant. “J’aime la marque Abercrombie & Fitch. Mais Savile Row, c’est Savile Row, tout le monde sait que c’est une rue de tailleurs et qu’ils font du travail d’artistes. Ces manifestants ont raison et en plus ils ont la classe, je suis impressionné !”, déclare un passant.

 

“J’ai peur d’un futur où toutes les villes seraient identiques et où l’on trouverait exactement les mêmes chaînes et magasins”, avoue un autre chap. Un magasin Abercrombie & Fitch sur Savile Row marquerait en effet l’ouverture d’une brêche qui pourrait conduire d’autres marques à s’installer dans ce bastion de la tradition, de l’artisanat et de l’élégance britannique. Savile Row pourrait bientôt malheureusement ressembler à n’importe quelle autre rue.

 

Pour en savoir plus sur The Chap magazine : http://www.thechap.net/

 

E.B.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Abercrombie & Fitch vs Chaps from elisabeth blanchet on Vimeo.

Kings Cross : Graffiti et régénération

April 25th, 2012

Non, vous n’avez pas rêvé, ce sont bien des graffiti qui couvrent la façade d’un hôtel en face de Kings Cross St Pancras. Une fresque murale forte qui donne une belle touche de couleur à ce quartier en pleine regénération.

 

En sortant de la nouvelle gare de Kings Cross, toute remise à neuf, l’oeil ne peut pas manquer les graffiti qui couvrent l’hôtel Megaro. Ils sont l’oeuvre des Agents of Change, un collectif de 12 artistes urbains. “Au départ, l’hôtel nous as contactés car ils voulaient nous acheter des pièces pour l’intérieur de leur nouveau restaurant. Et de fil en aiguille, on en est venus à proposer cette idée et ils ont adoré !”, explique Remi/Rough l’un des graffeurs d’Agents of Change. Avec ses complices, Steve More, LX One et Augustine Kofie, ils se sont mis au boulot pendant deux semaines avant d’arriver à un résultat étonnant :  Des intersections et des paralèlles de bandes diagonales de couleurs vives couvrent le bâtiment et renversent presque sa géométrie. Pour assaisoner l’effet, des figures – toujours aux contours géométriques- de couleurs ici et là donnent une touche à fois BD et quatrième dimension à la fresque.

 

De l’art gratuit pour tous

 

“La réalisation de la fresque a duré deux semaines mais de la genèse du projet au résultat, neuf mois ont passé !”, explique Remi. “Ce que nous avons voulu faire, c’est une déclaration d’intention au lieu qui en pleine régénération. C’est totalement abstrait mais on reconnaît le style des quatre artistes qui l’ont réalisée”, poursuit-il. Et le message que les Agents of Change veulent faire passer est simple : il s’agit d’art gratuit pour les gens du quartier et pour tous ceux qui passent par là. “C’est aussi une façon de revendiquer qu’il n’y a pas assez d’art mural urbain à Londres. Je rentre de Mexico où j’ai été complètement époustouflé par le nombre de fresques murales. Londres devrait avoir honte !”, conclut Remi/Rough.

 

Les graffiti de l’hôtel Megaro donnent à Kings Cross une touche vivante et artistique de plus  à une régénération qui n’a pas fini de nous étonner. Il n’y a plus qu’à espérer que les Agents of Change  et d’autres artistes s’armeront de nouveau de leurs couleurs pour égayer et embellir d’autres bâtiments de Londres. 

 

Pour en savoir plus sur les Agents of Change : http://agents-of-change.co.uk/

 

 

EB

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Blogging and cooking : 3 blogs cuisine britanniques et féminins incontournables !

April 19th, 2012

 Si l’association d’idées entre Grande-Bretagne et gastronomie a longtemps fait rire, c’est peut-être moins vrai aujourd’hui, avec la réhabilitation de la culture culinaire britannique via certains livres de cuisine et la médiatisation de chefs comme Jamie Oliver.

Aujourd’hui, c’est sur la blogosphère que nous vous invitons à passer à table avec trois blogs « britanniquement » reconnus, qui pourraient peut-être inspirer vos prochaines expérimentations culinaires.

 

Salad Club : http://saladclub.wordpress.com

Salad Club, c’est l’histoire de deux copines de Brixton (Londres), Rosie French et Ellie Grace, qui, une fois par semaine, se retrouvaient pour papoter autour d’un bon dîner ! A ces repas, les filles donnèrent le nom de Salad Club, ambitionnant de préparer à chaque fois, un repas encore plus équilibré mais cuisiné !

De ces festins est né le blog, pour faire partager au public des idées salades ni tristes ni compliquées à préparer. L’index des recettes ne propose pas que des salades mais viandes, poissons, desserts et soupe inspirés des différentes cuisines du monde…

D’un resto improvisé dans l’appartement d’Ellie à des services de cuisine à domicile, le duo a aujourd’hui ouvert un restaurant, French & Grace à Brixton Village. Si jamais vous passez dans le coin…

French & Grace Unit 19 First Avenue Brixton Village SW98PR

 

 

Eat Like A Girl : www.eatlikeagirl.com

Ce blog s’intitule littéralement “mange comme une fille”. Mais ça mange comment, une fille en Grande-Bretagne ? Peut-être son auteure l’Irlandaise Niamh Shields, établie à Londres.

 Cette gourmande notoire aime présenter des restaurants à Londres et à l’étranger, où il fait vraiment bon manger et passer un moment agréable. Vous pourrez également découvrir dans la rubrique Posh Lunch Club des tables gastronomiques à Londres proposant des menus du midi vin compris à des prix raisonnables.

 Le plaisir de Niamh est aussi de partager ses recettes favorites, inspirées de ses lectures, de ses voyages et du temps qu’elle passe en cuisine. Car quand elle n’est pas en train de manger, elle est en train de prévoir le repas suivant. Et si « manger comme une fille », c’était le faire consciemment et avec plaisir ?

 

 The Pink Whisk : www.thepinkwhisk.co.uk

Blogueuse et maman gâteau, Ruth Clemens est une ancienne participante d’un concours de pâtisserie de la chaîne BBC2, The Great British Bake-Off, dont elle sortit deuxième en 2010.

Suite à cette expérience médiatique, elle créa le blog The Pink Whisk (le fouet rose) au design volontairement girly, pied de nez à tous les pâtissiers, le plus souvent des hommes ! Depuis, Ruth n’arrête pas d’écrire dans la presse et de donner des cours de pâtisserie. Elle vient même de publier un livre sur la décoration des gâteaux. Il n’y a qu’à regarder son blog pour voir à quel point elle maîtrise cet art décoratif !

 Afin de partager son talent avec le public, Ruth a rendu son blog simple à utiliser : on peut donc rechercher une recette en fonction des ingrédients ou de l’occasion (anniversaire, mariage, etc). Et si le fouet rose de Ruth était plutôt une baguette magique ?

F.A

Sources : Red Magazine… et les blogs concernés !

Crédit illustration : Vintage Illustration Of A Woman In A Kitchen by FSP Vintage Collection / freestockphotos.biz

 

 

Lavenham : Moyen-Age, gastronomie et culture à 2 heures de Londres

April 17th, 2012

Les beaux jours arrivent ou, plutôt, s’amusent à jouer au chat et à la souris. Qu’à celà ne tienne, les bonnes excuses pour partir en weekend ne sont pas difficiles à trouver. Et le village médiéval de Lavenham dans le Suffolk en est une excellente…

 

On raconte qu’au Moyen-Age, Lavenham fut un des villages les plus prospères d’Angleterre. D’ailleurs, la taille impressionnante de son église (the Church of St Peter and St Paul) bâtie aux alentours de 1500 et qui surplombe le village, témoigne de sa grandeur passée. Une richesse acquise grâce au commerce de la laine.

 

Des maisons toutes tordues

 

De sa prospérité d’antan, Lavenham garde tous les charmes dont les charmantes maisons à colombage toutes biscornues de l’époque tudorienne. Si vous décidez de prendre des photos, ne pensez surtout pas que vous avez bu une pinte de trop au charmant pub du coin : The Swan. Non, ce n’est pas votre cadrage mais le village qui n’est pas du tout droit ! La plus tordue des maisons porte d’ailleurs bien son nom, il s’agit de The Crooked House Art Gallery. Vous y découvrirez de jolis objets d’artisanat local. Vous remarquerez dans le fond du magasin une vieille porte moyen-ageuse magnifique. Si le temps lui permet et si vos sourires la convainquent, la patronne vous entraînera peut-être au premier étage où elle vit dans un décor sans parallèles ni perpendiculaires. On y attrape le vertige !

 

Une étape gourmande et culturelle

 

De la visite de l’église aux petites rues qui mènent à la place du marché en passant par le vaste cimetière, vous serez forcément victime d’un petit creux. Outre The Swan qui a un très bon restaurant et quelques charmants coffee shops, vous pourrez vous laisser tenter par The Great House, un restaurant français qui selon le Sunday Times est carrément le meilleur restaurant du Suffolk…

 

Enfin, en discutant avec les gens du coin au pub ou dans la rue, vous apprendrez que la bourgade de Lavenham n’est pas seulement connue pour son passé prospère et sa gastronomie mais aussi par sa dimension culturelle. Originaire du village, la poétesse Jane Taylor y composa au 18ème siècle le poème The Star d’où vient la fameuse contine Twinkle Twinkle Little Star. Plus récemment, Stanley Kubrick et Pier Paolo Pasolini y tournèrent. Et en 2010, secrètement, des scènes du dernier Harry Potter y furent réalisées. Qu’attendez-vous pour aller aussi y faire votre petit travelling - tout en respectant les courbes ! - ?

 

Pour en savoir plus :

http://www.crookedhousegallery.co.uk/

http://www.greathouse.co.uk/

http://www.theswanatlavenham.co.uk/

http://www.lavenham.co.uk/

 

E.B.

 

crédit photos: E.B.